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Le site de la paroisse latine de Taybeh

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I. Histoire et légende de Taybeh-Ephraïm

I. Chronologie du village avec références à l'Ancien Testament

LES GRANDES ÉTAPES Ref. biblique

BRONZE ANCIEN (3100-2100 av. JC)
Présence de tribus cananéennes à Taybeh attestées par des découvertes archéologiques, 1986.

BRONZE MOYEN (2100-1550 av. JC)
Tribus cananéennes à Taybeh.

BRONZE RECENT (1550-1200 av. JC)
Partage des tribus sous Josué (1220-1200 av. JC)
La ville est assignée à la tribu de Benjamin

Josué 16,2
FER I (1200-900 av. JC)
FER II (900-539 av. JC)

La ville est mentionnée lors de la guerre des Philistins contre Saül (1030-1010 av. JC)

I Sam. 13,22
La ville est localisée non loin du Mont Baal Hazor, lieu où Absalon, fils de David, fit tuer son demi-frère Ammon. (1010-970 av. JC)

II Sam. 13,23
Division du pays en deux royaumes (931 av. JC)
Le village est alors octroyé au royaume d'Israël.
Abias, roi de Juda, s'en empare entre 913 et 911 av. JC, mais la ville reste cependant au pouvoir du roi d'Israël jusqu'en 721 av. JC, date de la chute de la Samarie.

2 Chr. 13,19
ÉPOQUE PERSE
Après la captivité à Babylone (538 av. JC), la ville est rattachée tantôt à la province de Samarie, tantôt à celle de Judée.

ÉPOQUE HELLENISTIQUE (333-63 av. JC)
Démétrius, roi de Syrie (145-140 av. JC) restitue la ville à Jonathan (160-142 av. JC), frère de Judas Maccabée (166-160 av. JC).

1 Mac. 11,32

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II. Taybeh, de la Pentecôte à nos jours


Evènements Dates Histoire de Taybeh-Ephraïm

PÉRIODE ROMAINE (60 av. JC - 358 ap. JC)

Mort et résurrection 30 Retraite du Christ avant sa Passion. (Jn 11,54)

Chute de Jérusalem 70 Vespasien établit des garnisons à Béthel et à Ofrah. (Flavius Joseph, "La Guerre des Juifs contre les Romains", chap.33)

PÉRIODE BYZANTINE (358 - 638)

Epanouissement du Christianisme IVs. Eusèbe de Césarée dans son Onomasticon localise la retraite du Christ à EPHREM (La ville est à 8km de Béthel et 35 de Jérusalem

VIs. Construction de 2 églises byzantines, et monastères byzantins aux alentours de Taybeh.
Localisation par la carte de Madaba (Jordanie) d'Ephraïm: "Ephron ou Ephraïm, ville où vint le Christ".

PÉRIODE ARABE (638-1516)

Invasion musulmane VIIs.

Prise de Jérusalem par les Croisés 1099 Les Croisés font d'Ephrem une place forte. Ils appelent le village "Saint Hélis".

Patriarcat latin 1185 Baudoin IV le Lépreux donne le chateau au Comte Boniface de Montferrat.

Désastre de Hattin 1187 Changement du nom "Ofrah" ("Ephrem") en celui de "Taybeh".

Prise de Constantinople par les Turcs. 1423

Conquête ottomane de la Palestine 1516

PÉRIODE OTTOMANE (1516-1920) Sous l'occupation ottomane qui dura 4 longs siècles, Taybeh demeure chrétienne mais n'est qu'une modeste localité.

Création de l'école orthodoxe.

Restauration du Patriarcat latin de Jérusalem par Pie IX. 1847

1860 Arrivée du premier missionnaire latin.

1888 Premier passage du Vicomte Charles de Foucauld.

1898 "Retraite d'Ephrem" du P. de Foucauld.

1900 "Retraite de Taybeh" du P. de Foucauld.

PÉRIODE MODERNE (1920-...)

Mandat britannique 1922 Taybeh compte 954 habitants

Guerre israelo-arabe 1948 Vagues d'immigration

Guerre des 6 jours 1967 Le village comptait 3000 habitants.

2000 Le village compte 1500 habitants.


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III. Légende de Taybeh-Ephraïm

Si la plume des évangelistes ne s'arrête guère sur l'épisode d'Ephraïm, la langue des conteurs, au contraire, se délie. Quoi de plus extraordinaire, en effet, pour l'imagination orientale, qu'un passage évangélique "en blanc" !

Le récit légendaire foisonne dans l'Église orientale. L'occidental ne s'y attarde pas, fixant plutôt son attention sur l'historicité du récit. Peut-être doit-il de temps en temps redécouvrir l'héritage de la tradition orale, "re-création" de l'esprit et admirable véhicule des valeurs spirituelles. L'intérêt y repose non sur la matérialité du récit mais sur sa signification.

La tradition orale situe la guérison des dix lépreux à Ein Samieh, sur le chemin d'Ephraïm (Lc 17,12). Le Samaritain miraculé raccompagne, parait-il, le Christ à Ephraïm, hurlant sa joie, à tel point que les Apôtres en sont exaspérés. Jésus s'arrête, l'appelle, le bénit et l'envoie. L'homme, baisant la poussière, lui demande un nom nouveau. Jésus le nomme "Ephraïm", puisque la vie lui a été donnée deux fois (en effet, Ephraim signifie "double fruit").

A l'entrée du village, les notables accueillent le Rabbi, lui disant: "Il vaut mieux que tu restes chez nous; le temple te hait". Un enfant accourt, et présente une Grenade à Jésus. Celui-ci, coupant le fruit, en profite pour raconter une parabole.

Finalement, Jésus décline l'invitation des gens de Taybeh qui se fâchent. Jésus leur promet de revenir.

Jésus tint parole. Après la résurrection de Lazare, il donne l'ordre de partir pour Taybeh. Chemin faisant, les disciples, pris de peur, commentent les dernières menaces du Sanhédrin. Jésus les rassure. Prévenus, les gens de Taybeh viennent à sa rencontre, le remerciant et l'assurant de leur protection: "Nous allons te rendre heureux, lui disent-ils; et cette terre qui était pour toi terre d'Egypte te sourira comme elle a souri à Joseph".

Le lendemain, Jésus envoie ses apôtres, en deux groupes de cinq, annoncer aux Samaritains que le jour du Seigneur est imminent. Le Seigneur garde avec lui Saint Jean et Juda. La légende raconte que ce dernier se montra particulièrement insupportable durant le séjour.

A Ephraïm, il reçoit d'étranges visiteurs. Un certain Samuel, membre du Sanhédrin, venu l'espionner, rentrera à Jérusalem bouleversé de son expédition manquée.

Claudia, la femme de Pilate, inquiète de ne plus apercevoir le Rabbi galiléen, vient en hâte s'informer que celui-ci n'a pas perdu ses étranges pouvoirs. A sa demande, Jésus guérit Callixte, un de ses esclaves noirs. En remerciement, Claudia lui offre l'esclave, ainsi qu'une forte somme d'argent. Jésus commence par refuser, mais devant l'insistance de Claudia finit par accepter. Il libère alors Callixte et lui donne l'argent.

On raconte aussi que la Vierge, conduite par Lazare, vint rejoindre son Fils à Ephraïm. Il paraît que la foule se pressait en grand nombre auprès de lazare le ressuscité. Saint Pierre dût même "faire la police"...

Marie était rassurée de voir son Fils en bonne forme. Les Saintes Femmes s'affairaient, raccomodant les habits de Jésus et des Apôtres. Comme un enfant, Jésus s'abandonna aux pieds de sa Mère. Au terme de ce séjour, il demandera à Lazare de confier Marie à ses deux soeurs, Marthe et Marie, lors de la douloureuse montée à Jérusalem.

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