Newsletter #2 - Mar-Avr 2006




I. Introduction

    On a beaucoup parlé de la Terre Sainte ces derniers temps. Entre la santé d'Ariel Sharon et les élections législatives palestiniennes, les médias se sont beaucoup intéressés à la région durant les mois de janvier et février.

    Pourtant, la Terre Sainte ne peut pas être réduite aux images de l'hôpital Hadassa et des défilés du Hamas: la vie continue, et à Taybeh aussi.

    Dans ce numéro vous trouverez le récit de quelques faits marquants de ce début d'année 2006 à Taybeh, une analyse de la situation politique par le P. Raed, des nouvelles du village et de ses projets sans oublier des nouvelles des sœurs de La Sainte Croix de Jérusalem.

    Bonne Lecture !

Guillaume Piganeau
Volontaire DCC à Taybeh

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II. "La Sainte Croix de Jérusalem" en Terre Sainte

Un Anniversaire : le Centre "Charles de Foucauld" a 20 ans.

    " C'est le 16 mars 1986 qu'a eu lieu, au consulat Général de France, la réception en l'honneur des Chevaliers du Saint Sépulcre ayant à leur tête, comme Lieutenant Général, le Général Comte d'Harcourt et, comme Lieutenant Général retiré, le Général de Chizelle. Ces nobles personnages sont venus pour l'inauguration à Taybeh d'un " Centre de Foucauld ", dont ils ont assuré la dépense.

    Le village arabe de Taybeh, entièrement chrétien, est identifié avec l'Ephraïm de l'Evangile où Jésus se retira aux jours précédant la Passion (Jn 11,54). On dit qu'à son exemple, le père de Foucauld s'y retirait volontiers. Le nouveau centre, dû à l'initiative du zélé père Sansour, curé de Taybeh, accueillera les pèlerins qui viendront, individuellement ou en groupe, y faire retraite dans l'admirable paix du voisin "désert de Juda".

    La cérémonie d'inauguration a eu lieu le jeudi 17 mars : grand-messe présidée par le patriarche latin de Jérusalem,Mgr Giacomo Beltritti, procession, bénédiction du nouveau bâtiment, repas généreux, distribution des prix par M. Guéguinou, Consul Général de France. On notait une nombreuse assistance, dont six pères de l'Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem.[…]
"
(Extrait d'un compte-rendu aimablement prêté par l'Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem)


Le centre aujourd'hui

    AUJOURD'HUI en 2006, la Lieutenance de France des Chevaliers du Saint Sépulcre continue de veiller sur le centre " Charles de Foucauld ". Chaque groupe, par sa présence, aide au développement de l'activité du centre. Les Ecuyers de la Lieutenance de France offrent également leurs moyens. C'est un peu un langage de soyeux : chacun forme, tisse la trame telle une chaîne sans laquelle le centre " Charles de Foucauld " aurait du mal à vivre.

    Le Lieutenant Général retiré, le Général de Chizelle, est venu à Taybeh fêter ses 100 ans en 2002. Grâce à son soutien financier fidèle, le centre est entretenu, réparé, modernisé, équipé. À 104 ans, il se préoccupe encore par téléphone, depuis Paris, des besoins de cette maison et veille aux projets la concernant.

    Le Lieutenant Général du temps de l'inauguration, le Général Comte d'Harcourt, est revenu à Taybeh à l'occasion d'un pèlerinage familial à Noël 2004. M. Jean Guéguinou, est aujourd'hui Ambassadeur de France émérite. Le père John J. Sansour est curé à Paphos (Chypre).

    En 2005, le centre " Charles de Foucauld " a accueilli plus de 60 groupes. La plupart étaient français, mais certains venaient aussi de toute l'Europe, des USA, d'Angleterre, d'Afrique, etc. Cette activité permet de faire travailler des personnes en difficulté en raison de la situation économique de la région. Des pèlerins isolés (écrivains, journalistes, bénévoles, artistes, diplomates, jeunes du pays, ouvriers, etc.) ont aussi bénéficié de l'accueil de ce village de Taybeh qui perpétue la tradition selon laquelle l'accueil réservé à Jésus est le même que celui offert au pèlerin actuel.


Autour du centre "Charles de Foucauld"

    DEPUIS 1998, le patriarche latin de Jérusalem actuel, Mgr Michel Sabbah, nous a confié la gestion et l'animation de ce centre. La situation politique rendue très difficile depuis l'année 2000 a bloqué la reprise de l'activité du centre. Néanmoins les travaux nécessaires ont pu être entrepris (installation d'une cuisine, remplacement de toutes les fenêtres, réfection totale de la terrasse, restructuration de chambres, augmentation des réserves d'eau froide, installation du chauffage à air pulsé et de l'air conditionné, etc.) pour ne parler que des plus importants.

    Aujourd'hui, l'accueil est simple mais agréable, si l'on en croit les appréciations des pèlerins. Ils aiment à rencontrer le curé de la paroisse, la communauté paroissiale et à entendre les enfants chanter à pleines voix durant la messe du dimanche matin.

    Depuis l'été 2005, trois jeunes garçons ont cherché comment se rendre utiles pour leur village durant les vacances qui durent trois mois. Et ils ont eu l'idée de préparer eux-mêmes un circuit historique et biblique ainsi que les commentaires (en français, espagnol, anglais) pour présenter aux différents groupes de pèlerins passant à Taybeh, leur village et son patrimoine, leur pays, leurs idéaux.

    Parallèlement à cet accueil, la communauté des sœurs de La Sainte Croix de Jérusalem développe des activités pédagogiques et ludiques en français durant l'été. Elles ont pour but d'occuper la centaine de jeunes qui y participe et de conforter le français étudié durant l'année scolaire. Compte tenu de la situation politique et des difficultés à obtenir des autorisations de sortie des Territoires Occupés, une minorité de Palestiniens de Taybeh seulement part en vacances en dehors de la Palestine durant l'été. Les jeunes sont donc disponibles et réceptifs. Et pour agrémenter cette période, nous faisons appel à des animateurs venus volontairement de France. Ils sont accueillis au pair et leur présence permet l'encadrement de ces sessions estivales en même temps qu'elles leur offrent de découvrir un peu de la culture orientale et de la vie quotidienne dans un village arabe chrétien.

    Une de nous enseigne bénévolement le français dans les premières classes de l'école latine. Un (cette année encore : une) coopérant(e) DCC -Clémence- prend le relais pour les plus grands. Grâce à quelques bienfaiteurs, un projet de professeur de soutien a été réalisé et le poste créé depuis la rentrée de septembre 2005 pour aider les enfants en grandes difficultés scolaires. Il n'existe pas de classe d'orientation. Des enfants, dont les parents sont en difficultés économiques, sont parrainés par des personnes de France et de Belgique. Ils peuvent ainsi poursuivre leur scolarité.

    Toute l'année des groupes de Jeannettes et de guides se réunissent et s'initient à la spiritualité scoute qui doit être quelque peu adaptée à la culture orientale. Un groupe de garçons a également commencé avec un jeune du village et Guillaume (époux de Clémence), coopérant DCC, etc.

    En plus du soutien du Consulat Général de France de Jérusalem, de l'Œuvre d'Orient, de la Cathédrale Américaine de Paris, de l'association "Fleurs de Palestine" à Toulouse et de la Lieutenance de France des Chevaliers du Saint Sépulcre, l'ensemble de ces activités estivales et scoutes ainsi que les projets pédagogiques réalisés en lien avec l'école latine du village, est financé, par vos seules offrandes recueillies tout au long de l'année. Alors vous comprendrez que vous êtes bien présents et plus que jamais actifs sur cette Terre Sainte .

Merci

    EN CE 20E ANNIVERSAIRE de la construction du centre "Charles de Foucauld", en cette 2e "Newsletter" depuis la création du site Internet de la paroisse latine "Jésus Rédempteur", nous éprouvons le besoin de vous dire un immense merci pour tout ce qui a été réalisé mais aussi pour tout ce qui le sera encore dans l'avenir grâce à vous et pour tous ceux qui s'ajouteront sur la liste de bienfaiteurs pour qui nous prions quotidiennement.
    Nous nous en remettons toujours à la Providence qui n'oublie personne.


Sr Marie-Martine, Sr Claudine, Sr Martine    
"La Sainte Croix de Jérusalem" en Terre Sainte.

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III. Analyse: La situation politique en Palestine par le P. Raed

Une volonté de changement

    La victoire du Hamas aux dernières élections législatives palestiniennes s'explique principalement par la volonté de changement du peuple palestinien.

    L'Autorité Palestinienne sous domination du Fatah n'a en effet, aux yeux des palestiniens, pas réalisé grand-chose pour résoudre le conflit, et en dix ans au pouvoir la vie quotidienne des gens ne s'est pas améliorée. S'ajoute à cela les accusations de corruption au sein de l'Autorité Palestinienne qui ont décrédibilisé encore plus le Fatah.

    Dans ce contexte, le Hamas a été vu comme une vraie alternative par les palestiniens. Il s'agit d'un mouvement résolument hostile à la corruption et qui effectue un travail d'aide sociale remarquable auprès des plus défavorisé. Leur résistance continue à l'occupation de la Palestine par Israël augmente de surcroît leur crédibilité auprès des palestiniens qui sentent que le Hamas ne fera pas trop de concessions à Israël. Le caractère musulman du mouvement enfin, a également joué un rôle dans cette victoire, le Hamas ayant habilement joué sur le facteur religieux.

    Le résultat de ces élections est le fruit de la démocratie et nous devons l'accepter, à l'image des responsables de toutes les Églises chrétiennes à Jérusalem. Ceux-ci, dans un communiqué datant du 31 janvier 2006 félicitent "le peuple palestinien pour leur performance démocratique" et expriment leur "respect et soutien au choix du peuple exprimé lors de ces élections".

Donner sa chance au Hamas

    L'arrivée au gouvernement du Hamas, mouvement de résistance sans représentation au parlement jusque-là, ne sera pas facile. Cela l'obligera à évoluer et à changer de politique s'il veut réussir.

    Mais ma conviction est qu'ils peuvent réussir à condition qu'on leur donne leur chance. Cependant, cela signifie qu'Israël et la communauté internationale doivent accepter de discuter avec eux, ce qui ne sera pas forcément le cas : Le Hamas, à l'image de tous les mouvements liés à l'Islam, souffre en effet de nombreux préjugés et notamment celui d'être catalogué d'entrée comme mouvement terroriste, donc non fréquentable.

    Pourtant, à y regarder de plus prêt, ils ne demandent pas l'impossible. Le Hamas est en effet prêt à signer une trêve de "long terme" avec Israël, en échange du retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967. Cette revendication qui est aussi celle de tous les palestiniens, est légitime et même logique.

Il n'y a pas de raisons d'avoir peur

    Enfin, en tant que chrétiens, nous n'avons pas peur d'un gouvernement dominé par le Hamas, ni même de collaborer avec eux car nous savons qu'ils respectent les chrétiens. De plus dans la situation actuelle, ils souhaitent montrer le meilleur d'eux-mêmes pour gagner le soutien du monde. Lors de l'affaire des caricatures, par exemple, les dirigeants du Hamas ont clairement pris position dénonçant toute attaque contre des chrétiens.

    Ajoutons que le Hamas a conscience qu'en formant le nouveau gouvernement palestinien, ils ne représenteront plus uniquement leurs électeurs mais tout le peuple palestinien. C'est dans ce sens qu'ils ont proposé à toutes les forces politiques palestiniennes qui le souhaiteraient de participer avec eux au gouvernement.

    Enfin, je conclurai en disant que le Hamas est sans doute aujourd'hui le mouvement le plus à même de faire la Paix. Ils ont la capacité, que le Fatah n'avait pas, de contrôler les groupes armés, et une crédibilité en tant que mouvement de résistance. Une paix avec Israël proposée par le Hamas serait ainsi acceptable pour tous les palestiniens.

    Malgré la tâche très difficile qui attend le nouveau gouvernement, et toutes les pressions qu'il subit déjà, je pense qu'il sera capable de convaincre le monde. Personnellement, j'aimerai qu'ils réussissent pour démontrer qu'un régime inspiré par l'Islam et respectueux de tous est possible.

P. Raed Abusahlia
Curé de la paroisse latine de Taybeh

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IV. Le cardinal Barbarin à Taybeh

Le 19 Février 2006, le Cardinal Barbarin à Taybeh

Après les Cardinaux Martini de Milan et Antonelli de Florence, S.E. Philippe Barbarin est le troisième cardinal en autant d'années à venir rencontrer la communauté chrétienne de Taybeh.

Sa visite en images.


    S.E. Philippe Barbarin préside la célébration dominicale de la paroisse latine de Taybeh le 19 février 2006. Il est accompagné d'une trentaine de jeunes prêtres du diocèse de Lyon, en pèlerinage pendant 10 jours en Terre Sainte.


    Sortie de messe à Taybeh. Le Cardinal Barbarin rencontre les fidèles. Kassam, Jiries et Thaer, les trois jeunes guides qui font visiter Taybeh en français aux pèlerins sont introduits par Soeur Marie-Martine.


    Après un temps de discussion avec le P. Raed et M. Daoud Khoury le maire du village, le Cardinal Barbarin et les 30 prêtres qui l'accompagnent, rejoignent un groupe pèlerins de Soissons -également présent à Taybeh ce jour-là- pour déjeuner au centre "Charles de Foucauld". S.E. Philippe Barbarin est entouré de M. Daoud Khoury (à sa droite) et du P. Raed (à sa gauche).


    A l'issue du repas, le P. Raed offre une "Lampe de la Paix" au Cardinal Barbarin, afin que la prière pour la Paix en Terre Sainte trouve un écho jusque dans le diocèse de Lyon.


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V. Visite du Patriarche Grec Orthodoxe à Taybeh

    Dimanche 26 février 2006, S.B. Theophilios III est venu rendre visite et prier avec la communauté grecque orthodoxe de Taybeh. Le Patriarche Grec Orthodoxe de Jérusalem effectuait là sa première visite à la paroisse grecque orthodoxe de Taybeh depuis son élection en août 2005. Il était accompagné lors de cette journée de 3 évêques dont S.E. Attallah Hanna, le premier évêque grec orthodoxe arabe tout récemment ordonné.

    Après la messe dominicale, le Patriarche et les trois évêques ont été invité à déjeuner chez M. Daoud Khoury, le maire orthodoxe du village. Les trois curés de Taybeh, Abuna Daoud, Abuna Jack et Abuna Raed ainsi que le curé grec orthodoxe à la retraite le P. Tawfik Naser, étaient également du repas manifestant ainsi la bonne entente entre les trois communautés chrétiennes de Taybeh.

    Le Patriarche a ensuite souhaité visiter Beit Afram la maison des personnes âgées de Taybeh. Il a tenu à rencontrer et à discuter avec les résidents (à l'image S.B. Theophilios III donne une image à une résidente de Beit Afram) et a même pu s'entretenir en français avec Mère Marie Dominique, la mère supérieur de la communauté de Notre Dame des Douleurs en Terre Sainte, grâce au souvenir de ses études à Besançon.

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VI. Projets: Lancement du service de commandes en ligne

Le site www.taybeh.info a mis en place depuis le 20 Février 2006 un service de commande en ligne.

    Destiné à simplifier les commandes de produits de Taybeh, ce nouveau service permet à tous les acheteurs domiciliés en Europe :
        - de calculer automatiquement le prix de leurs commandes (frais de ports inclus).
        - de transmettre leur commande à Taybeh rapidement et efficacement.

Comme précédemment, les commandes restent basées sur la confiance. Aucun paiement n'est à verser en avance et l'acheteur n'est tenu de payer qu'après réception de ses articles à domicile.

Nous espérons que ce nouveau mode de commande simplifiera les démarches de tout ceux qui soutiennent Taybeh en essayant de faire connaître les initiatives qui y sont menées et notamment les lampes de la Paix.

Comment fonctionne la commande en ligne? (Petit guide illustré)

      1\ Sur le site, aller à la page "Nos produits en ligne" (voir image ci-dessous).
      2\ Sélectionnez les produits que vous désirez commander en indiquant la quantité souhaitée dans la case prévue à cet effet.
      3\ Validez en cliquant sur le bouton "ajouter au panier".

      4\ Une fois votre choix établi parmi tous les produits disponibles, cliquez sur "valider ma commande" en haut à gauche de la page.
      5\ Vous arrivez alors sur la page de visualisation de votre commande (voir ci-dessous).
      6\ Si besoin, vous pouvez modifier les quantités initialement entrées ou revenir à la page "produits".
      7\ Validez votre choix en cliquant sur le bouton "valider ma commande".

      8\ Entrez les coordonnées du destinataire de la commande et validez (voir ci-dessous).
      9\ Si nécessaire, vous pouvez commenter un élément de la commande (articles, date de livraison, mode de paiement etc.) dans le cadre prévu à cet effet.
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      11\ L'écran récapitulatif suivant apparaît. En cas d'erreur vous pouvez modifier les coordonnées entrées en cliquant sur "Modifier".
      12\ Si toutes les informations sont exactes, "Envoyez" votre commande.
      13\ Vous recevrez un premier e-mail de confirmation vous indiquant que la commande a bien été prise en compte.

      14\ Un second e-mail vous sera envoyé vous indiquant la date d'expédition de votre commande ainsi que les codes EMS de vos colis.
      15\ Après réception de votre commande, effectuez le paiement, soit par chèque, soit par virement bancaire selon les modalités explicitées dans l'e-mail de confirmation.

    Nous espérons que ce service vous sera utile et qu'il nous permettra de faire connaître encore plus largement les produits et les projets de Taybeh, si importants pour le village.

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VII. La paroisse de Taybeh et le développement économique

Pourquoi la paroisse de Taybeh s'implique t'elle autant au niveau économique ?

    L'implication importante de la paroisse latine, et notamment de son curé le P. Raed, dans la vie économique du village n'aura sans doute pas échappée à quiconque est déjà venu à Taybeh.

    L'Olive Branch Foundation, créée par le P. Raed a en effet permis ces trois dernières années, l'édification du nouveau pressoir à olive du village, la signature d'un contrat de vente de l'huile d'olive de Taybeh avec l'organisme de commerce équitable Alter Eco, l'ouverture d'un atelier de céramique qui emploie 15 personnes, le financement et la construction d'une maison pour personnes âgées à Taybeh. (Sans parler de la rénovation complète et de l'agrandissement de l'école paroissiale, du développement du centre médical etc.)

    A travers l'Olive Branch Foundation, ce sont au total plus d'une vingtaine d'emplois qui ont été créés par la paroisse. Mais une question peut légitimement se poser : est-ce vraiment le rôle de la paroisse de Taybeh et plus généralement de l'Église ?

    Posez cette question au P. Raed et sa réponse sera sans équivoques :
"Une Église de Jésus Christ qui ne peut subvenir aux besoins les plus urgents de ses fidèles dans les temps de difficultés, n'est pas une Église de Jésus Christ."

Une action inspirée du miracle de la multiplication des pains.

    Dans le récit selon Saint Marc (6, 35-44), les apôtres ne savent que faire devant la foule et demandent à Jésus de " renvoyer ces gens pour qu'ils aillent s'acheter de la nourriture ". Jésus leur répond : " Donnez-leur vous-même à manger ". Et dans la suite du récit il leur ordonne de : compter les pains, de faire asseoir la foule, de distribuer les pains à tous et de ramasser les restes.

    Jésus tient à ce que ses disciples ne fuient pas le problème et donnent à manger à la foule et à ce qu'ils participent activement au miracle à travers toutes les actions qu'il leur demande de faire. Le Christ aurait sans doute très bien pu faire le miracle seul, sans les apôtres, ni même sans les cinq pains et deux poissons, mais il a tenu à ce qu'il y ait une participation de l'homme. Et travers les apôtres, c'est toute son Église qui est impliquée pour nourrir de la foule.

    Et le P. Raed d'ajouter, " ce que nous faisons aujourd'hui n'est pas plus que d'apporter les cinq pains et les deux poissons, et nous laissons au Seigneur le soin de faire le miracle. Et je vous assure qu'il est en train d'avoir lieu ".

    Les besoins des chrétiens de Terre Sainte en général et de Taybeh en particulier sont différents de ceux de la foule dans l'Évangile, mais selon le P. Raed il convient que l'Église fasse tout ce qui est en son pouvoir pour y subvenir. Et le besoin le plus urgent des chrétiens en Terre Sainte en ce moment est de pouvoir gagner dignement leur vie grâce à leur travail et ainsi de ne pas être contraint à l'émigration.

    Depuis son arrivée à Taybeh, le P. Raed tente donc d'aider au développement économique du village avec une préoccupation permanente: créer des emplois pour ceux qui en ont le plus besoin et aider les gens à gagner leur vie avec dignité afin de ne plus être dépendants de la charité des autres églises du monde. Cet effort permet même de faire "d'une pierre deux coups" puisque ces projets visant à l'autosuffisance, ils permettront, à terme, de financer les œuvres de charité de la paroisse.

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VIII. Culture: Sortie des enfants de la chorale en Galilée

    Le 7 janvier 2006, les enfants de la chorale de la paroisse latine de Taybeh ont eu la chance de pouvoir effectuer une sortie en Galilée.

    Accompagnés par Sœur Victoire (qui dirige la chorale de Taybeh), par Abu Johnny (le professeur de musique de l'école) et par quelques jeunes dont Marco Basir l'organiste de la paroisse, les quelques 80 enfants avaient rendez-vous à 6h30 le matin pour " prendre possession " des 2 cars loués pour la journée.

    Première visite au programme, le village reconstitué comme au temps de Jésus à la YMCA de Nazareth. Un petit musée explique brièvement le mode de vie de l'époque avant d'atteindre la reconstitution proprement dite. Avec la visite de la maison de Marie, l'explication par Joseph lui-même (!!) du métier de charpentier, la visite de la synagogue, et du pressoir à olive et une discussion avec des bergers, la reconstitution avait tout pour plaire aux enfants. D'autant que malgré le froid, le soleil était de la partie.

    Ensuite, direction la basilique de l'Annonciation. Entièrement reconstruite au début des années soixante, la basilique est le sanctuaire chrétien le plus important du Moyen Orient. Dans la grotte de l'annonciation, une trentaine d'enfants dirigés par sœur Victoire ont pris le temps de chanter une prière à Marie, pour le plus grand bonheur des pèlerins présents dans la basilique au même moment.

    Après un quartier libre marqué par des trombes d'eaux, les cars firent route vers le mont des Béatitudes sur les hauteurs du lac de Tibériade. Le temps couvert ne laissait pas voir grand-chose du lac à l'arrivée des cars, mais peu à peu le soleil est apparu les nuages ont disparus et les enfants ont pu vraiment apprécier cet endroit en admirant la vue tout en mangeant des glaces !!

    A Tibériade, un tour de bateau sur le lac avait été réservé. Sur fond de soleil couchant, le bateau a été très vite transformé en piste de danse, certains enfants ayant apporté leurs disques favoris avec eux. Les garçons restant malgré tout beaucoup plus réticents que les filles à exposer leurs talents de danseur. Un dernier temps libre sur les bords du lac à Tibériade devait clore cette journée avant le retour sur Taybeh

    De retour à Taybeh vers 21h30, les enfants bien qu'épuisés étaient manifestement heureux de leur journée.

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IX. Document: Message du Patriarche Latin de Jérusalem pour le Carême

PATRIARCAT LATIN - JERUSALEM
Message de Carême
1 Mars 2006

    1. Nous commençons le carême. Un temps de prière, de pénitence et de jeûne. Comme Jésus nous allons au désert pour être plus intensément en présence de Dieu, afin d'adorer, de contempler, et de mieux accueillir la vie abondante que Dieu nous accorde à tout instant. Les évangiles des dimanches de carême pour cette année offrent à notre méditation : la tentation, la transfiguration, les commerçants du temple, " Dieu a tant aimé le monde " et enfin la montée de Jésus à Jérusalem avant sa Passion.

    Méditant la parole de Dieu dans ces évangiles, nous constatons que notre vie est une lutte continuelle pour persévérer dans notre marche dans la présence de Dieu, une lutte pour faire de tous les moments de notre vie des moments de grâce et de transfiguration, des moments dans lesquels nous avons à purifier continuellement le temple de notre cœur, afin de mieux prendre conscience de l'amour de Dieu pour nous et afin de faire de notre vie une montée incessante vers Jérusalem pour communier au sacrifice qui nous a rachetés et devenir nous même une main tendue vers tous, un cœur ouvert pour tous et une parole qui annonce le salut et la résurrection.

    2. Le Saint-Père, dans son message de Carême cette année, a voulu parler des pauvres et du développement. Il nous rappelle le " le cri des multitudes affamées de joie, de paix et d'amour… ". Il nous rappelle des réalités humaines marquées par " la désolation de la misère, de la solitude, de la violence et de la faim, qui frappent sans distinction personnes âgées, adultes et enfants ". Face à ce mal, il nous rappelle aussi que " Dieu ne permet pas que l'obscurité de l'horreur l'emporte ". Et citant Jean-Paul II, il dit : " il y a une limite divine imposée au mal, c'est la miséricorde ", et avec la miséricorde, la capacité d'aimer et de faire le bien que Dieu a mise dans le cœur de chacun de nous.

    Sa première encyclique, il l'a consacrée aussi à l'amour dans ses divers aspects, dans la vie intime de l'homme qui l'unit à Dieu et au prochain et dans la vie sociale, dans laquelle l'amour s'exprime en action et en projets de développement.

    3. Notre situation, ici à Jérusalem et dans toute la région, fait partie du message du Pape : peurs, anxiété, insécurité, recherche de justice, de paix et de réconciliation qui reste un mirage lointain. Les élections palestiniennes ont fait venir de nouvelles forces qui prennent en main notre destinée. Nous attendons les élections israéliennes pour voir dans quelles mains notre sort sera mis. Face à tout cela, notre carême nous dit que marchant en présence de Dieu, nous marchons avec tous les hommes quels qu'ils soient. Dans le visage de tous, nous voyons l'image de Dieu et avec tous nous partageons joies et souffrances et nous continuons à construire notre société, en prenant toujours de plus en plus conscience de la capacité de bien et d'amour que Dieu a mise en nous. C'est pourquoi, un chrétien ne doit pas faiblir et ne doit pas avoir peur.

    Avec cette situation, les pauvres parmi nous sont nombreux. Les pauvres que la situation présente a privés de liberté et de moyens suffisants pour la vie quotidienne et les pauvres qui n'arrivent pas à renouveler leur foi et leur espérance dans une véritable communion dans la vie paroissiale.

    4. Notre message de carême veut attirer l'attention sur la charité dans notre vie comme Eglise. Il est vrai que nous sommes une Eglise pauvre qui reçoit, mais nous devons nous rappeler que nous avons aussi la capacité d'aimer et donc de donner. Notre Caritas- Jérusalem est un organisme qui reçoit. Elle devrait devenir une Caritas d'une Eglise de Jérusalem qui sait organiser la charité de ses propres croyants, riches et pauvres, afin de les rendre capables eux aussi de donner. Il y a une re-éducation à faire qui forme le chrétien de Terre Sainte à savoir et pouvoir vivre, même dans le besoin et la pauvreté, la richesse de la communion de la première Eglise de Jérusalem : " La multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun... Aussi parmi eux nul n'était dans le besoin " (Act 4,32.34). Il faut que chacun sorte de son individualisme, dépasse ses vues limitées à soi-même, à sa famille, à ses proches, pour embrasser toute la paroisse, et au-delà, toute la société. Ceux parmi nous qui disent qu'ils font l'aumône doivent aussi dépasser ce stade et apprendre à donner plus, à vivre la communion, à " croître et grandir ensemble " avec tous les frères et soeurs, afin que nul dans la communauté ne reste dans le besoin de la matière, de la solitude ou de la discrimination.

    5. Certains demandent : comment faut-il jeûner ? Faut-il suivre la coutume ou les nouvelles directives de l'Eglise ? Il faut suivre les coutumes et les lois. Mais d'abord il faut comprendre le but du jeûne : retourner à Dieu, faire plus de place à Dieu dans notre vie, et, avec lui, construire notre communauté : car avec Dieu présent, Dieu avec nous, il n'y a pas lieu de rester perplexe, d'avoir peur, ou de se plaindre. Dieu avec nous, cela veut dire se remplir de son Esprit, de la force de Dieu et de son amour, faire face à tout, dans notre vie privée et publique. Et l'amour pour tous indistinctement sera le garant de ne pas transformer notre foi et notre vie de communion dans notre communauté en confessionnalisme ou individualisme religieux ou fanatisme agressif. " Faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau ", dit Ezéchiel (18,31). A cela il faut tendre : nous renouveler dans l'esprit afin de devenir toujours plus capable d'accueillir la vie que Dieu veut accorder à tous.

    Que la Vierge Marie accompagne notre jeûne et notre prière et nous apprenne à transformer toute notre vie en communion de vie divine réellement vécue dans notre paroisse et en amour qui nous porte vers toute notre société. Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.

+ Michel Sabbah, Patriarche   

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X. Evénement: Cérémonie d'accueil de Jésus à Taybeh le 12 Mars

    Tous les premiers dimanche de Carême, a lieu à Taybeh, en présence d'une personnalité, une cérémonie "d'accueil de Jésus". C'est en effet quelques semaines avant sa Passion que le Christ est venu séjourner à Taybeh. Le premier dimanche du Carême correspond à la date supposée de sa venue à Taybeh-Ephraïm avant sa montée vers Jérusalem. (Jn. 11, 54)

    Le 12 mars prochain, c'est Mgr. Fouad Twal, ancien archevêque de Tunis, récemment nommé par le pape évêque auxiliaire du Patriarcat Latin de Jérusalem et coadjuteur, qui viendra "accueillir Jésus" et bénir l'icône représentant le Christ. La tradition de cette fête veut que l'icône, une fois bénie, passe de famille en famille où chaque soir une veillée évangélique de prière est organisée, avant de suivre le chemin de Jésus en partant vers Jérusalem pour Pâques.

    Du fait des accords entre les trois communautés chrétiennes de Taybeh qui visent à unifier les dates des fêtes religieuses pour tout le village, Pâques est fêté selon le calendrier oriental. Cela explique pourquoi le premier dimanche du Carême pour la communauté romaine catholique de Taybeh aura lieu le 12 mars, soit une semaine après le premier dimanche de Carême du calendrier romain.

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XI. Contacts

Le site www.taybeh.info:
Contacter le webmaster
webmaster@taybeh.info
La newsletter Taybeh.info:
Contacter la rédaction, proposer un article...
newsletter@taybeh.info

Paroisse latine de Taybeh:

Christ Redeemer Church
C/O Patriarcat Latin de Jérusalem
P.O.B. 14152
91141 Jérusalem ISRAEL
Tel. +972 2 289 80 20
Fax. +972 2 289 81 60
taybeh@lpj.org

Réservations au centre d'accueil Charles de Foucauld:

"La Sainte Croix de Jérusalem"
P.O.B 904
91008 Jérusalem
ISRAEL
Tel./Fax. +972 2 289 93 64
scjtaybe@palnet.com

L'Olive Branch Foundation:
Information sur les "Lampes de la Paix"
et les autres projets économiques de la
paroisse.
peacelamp@lpj.org
Les volontaires DCC à Taybeh:
Guillaume et Clémence Piganeau
volontaire.taybeh@gmail.com

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