Newsletter #3 - Mai-Jun 2006
I. Introduction Ce troisième numéro de la newsletter de Taybeh essaie, entre autres nouvelles du village et de la Terre Sainte, de faire partager le temps de Carême et de Pâques vécu à Taybeh. Vous y trouverez aussi des nouvelles des Soeurs de la Sainte Croix de Jérusalem à l'occasion de Pâques, ainsi qu'un retour sur la venue du Cardinal Daneels à Taybeh, et sur son discours sur Ephraïm. Les dates de la tournée en France des enfants de la chorale de Taybeh avec le collectif "D'une Seule Voix" sont aussi dévoilées dans ce numéro. A vos Agendas! Enfin, la conclusion de ce numéro est le très beau message de Pâques du Patriarche Latin de Jérusalem, Michel Sabbah que nous ne pouvons que vous inviter à découvrir. Bonne Lecture ! Guillaume Piganeau II. "La Sainte Croix de Jérusalem" en Terre Sainte Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils Le reconnurent ! (St Luc 24,31)
Joyeuses fêtes de Pâques à chacun de vous ! Sur cette Terre Sainte, nous ne pouvons passer à travers l’évènement. Quelle que soit notre foi, tout nous porte à méditer ce mystère, cette question fondamentale de la mort et de la Vie. Depuis Bethphagé (faubourg de Jérusalem-Est) qui jouxte Béthanie (le village de Lazare, Marthe et Marie aujourd’hui de l’autre côté du mur), la route nous conduit du mont des Oliviers, d’où la vue de la Jérusalem terrestre est superbe, jusqu’au jardin de l’agonie plein d’oliviers, situé dans un domaine appelé Gethsémani (lieu du pressoir). De l’autre côté de la vallée du Cédron, s’étend sous nos yeux l’esplanade du Temple, supportant aujourd’hui les mosquées El Aqsa (3° lieu saint de l’Islam) et le Dôme du Rocher (lieu du sacrifice d’Isaac, et où se situe le rocher de Moriah à partir duquel le prophète Mahomet est miraculeusement monté au ciel sur sa jument ailée, Bourak), les portiques de Salomon, les restes de la forteresse Antonia -la garnison romaine-, la maison des parents de Marie (Basilique Sainte Anne), la piscine probatique, les Cardos romains, le Golgotha (lieu du crâne) au-delà de la porte d’Ephraïm (aujourd’hui dans la vieille ville à l’intérieur d’un couvent orthodoxe). Il est facile d’imaginer les restes du mur du Temple en contrebas de l’esplanade, (Mur des Lamentations, lieu saint pour les Juifs). C’est sur ce chemin que Jésus a pleuré sur Jérusalem qui n’a pas su reconnaître son Dieu présent en son sein. Aujourd’hui ce sont sur ces lieux que les Juifs vont célébrer Pessah -la Pâque juive- (commémoration de l’Exode ou la sortie d’Egypte avec Moïse) et que les chrétiens –catholiques d’abord et une semaine plus tard les Orthodoxes- vont célébrer Pâques (la mort de Jésus et la résurrection du Christ). Pâques qui nous dit jusqu’où va l’Amour de Dieu pour nous. Un Dieu qui donne son Fils comme modèle à notre humanité pour mieux nous expliquer le but de notre vie sur la terre et après, et aussi le chemin à prendre. Voilà un des cadres de notre vie ici. Il ne nous fait pas oublier, bien au contraire, les réalités de notre monde. Réalités que vous et nous éprouvons tous un jour ou l’autre (maladie, séparation brutale, difficultés économiques et familiales, lassitude, etc.) mais aussi joie (bonheur simple, vie ensemble). Nous les confions toutes à Dieu pour qu’Il trouve le moyen de vous aider à traverser les temps difficiles et aussi de garder force et paix pour la route.
La télévision se charge de diffuser régulièrement les mauvaises nouvelles de notre monde si troublé et de notre bonne vieille France qui n’échappe pas à la tourmente des temps modernes. Il lui est parfois difficile de décrire complètement le quotidien des gens d’ici. Et pourtant, au risque de nous répéter, la situation politique de la région ne donne pas de signe tangible d’une amélioration pour l’avenir des Palestiniens chrétiens et musulmans. Gaza s’enfonce dans le chaos. Le retrait israélien permet aujourd’hui la fermeture presque permanente des points de passage avec Israël et l’Egypte et facilite les attaques ciblées et les destructions d’infrastructures par l’armée israélienne. Pratiquement aucun étranger ne peut plus travailler et vivre à Gaza hormis les religieuses installées depuis longtemps. Le témoignage des Petites Sœurs de Jésus qui sont là-bas est poignant. La population manque de tout, les tirs sont permanents par le ciel, la terre, etc. Le mur entoure la bande de Gaza et fixe les limites de l’espace maritime palestinien à quelques encablures. Construit dans la mer, il est ajouré pour laisser passer le poisson. Car c’est la source de revenus substantielle des pécheurs gaziotes. Jéricho, qui avait été épargnée durant cette 2° Intifada, est aujourd’hui très contrôlée et sa prison est en ruine. Naplouse est maintenant bien rôdée aux barrages militaires, Ramallah est autonome dans ses murs mais les 35 Kms vers Jérusalem sont parsemés de « check point » (barrages militaires mobiles ou pas) dont celui de Qalandia, à présent appelé « terminal » comme à l’entrée de Bethléem. Les contrôles sont semblables à ceux d’un aéroport. Entre Taybeh et Jérusalem (25 Kms), un terminal identique s’achève. À Bethléem, il est en service depuis Noël. Les Palestiniens, vierges de tout incident avec l’armée israélienne, disposent d’une carte magnétique sur laquelle les empreintes digitales de tous les doigts sont enregistrées. Il doivent la présenter, ainsi que la permission de circuler (valable trois mois maximum et accordée par l’armée israélienne) à chaque contrôle fixe ou mobile rencontré dans leur journée. Une voiture immatriculée en Palestine ne peut en sortir. Les colonies continuent de se développer surtout à Jérusalem-Est. Les colons s’installent après que les maisons palestiniennes aient été rasées ou réquisitionnées. Ils sont depuis peu à proximité de la piscine de Siloé et au mont des Oliviers, en plein quartier musulman. Et pourtant, globalement la violence a largement diminué. Aux termes d’accords successifs conclus depuis 1991, pour les plus récents, et dont l’application est sans cesse suspendue ou reportée, la population se résigne car elle est impuissante tout comme semble l’être la communauté internationale. À Taybeh des familles ont reçu une lettre de demande d’expropriation de leurs terres. Ensuite des rumeurs ont propagé le fait qu’il s’agissait d’une erreur. Mais l’expérience laisse planer le doute. La même chose s’est produite en d’autres endroits, les habitants n’ont donc pas donné suite. Cela leur a été fatal car il ne s’agissait pas d’une erreur et leur silence a valu acceptation. Les informations récentes indiquent que l’Occident cesse de financer directement l’Autorité Palestinienne. La République Islamique Iranienne semble vouloir prendre le relais. De son côté, le nouveau Gouvernement Israélien souhaite maintenant des décisions unilatérales dans le règlement de ce conflit. Tout cela nous laisse dubitatives quant à l’avenir de la région. Alors dans ces conditions l’immigration se poursuit chez les chrétiens et c’est une question grave pour la présence chrétienne à court terme en Terre Sainte. Les micros projets développés par le curé de la paroisse latine de Taybeh ne peuvent suffire [même si ça aide] à retenir la jeunesse. Toute son ingéniosité et sa bonne volonté n’y peuvent rien. Il est évident que, tout le temps que les Palestiniens ne verront pas comment organiser d’une manière stable leur vie dans la région, ceux qui le peuvent, continueront à partir rejoindre les membres de la grande famille déjà installés sur d’autres continents. Notre village continue de vivre dans le calme. Vous êtes nombreux à l’avoir constaté de vos propres yeux. Le chœur des enfants chante à pleine voix les célébrations dominicales et celles des grandes fêtes liturgiques. Quelques uns d’entre eux se préparent à participer à une tournée en France, organisée par la société « Ad Vitam records » producteur du disque « D’Une Seule Voix » en lien avec de nombreux partenaires. Cette tournée aura lieu entre le 14 et le 31 mai et visitera 14 villes de France [1]. Certains élèves ont passé l’écrit du d.e.l.f. (diplôme d’Etudes en Langue Française). Ils attendent les résultats. Jiries, Kassam et Thaer, nos trois guides, sont encore prêts à vous faire visiter Taybeh en français et aussi en anglais ou espagnol. Les Jeannettes ont pu se rendre à Jérusalem, pour une journée de préparation à Pâques (leur jeune âge a facilité les passages aux barrages). Mais l’attrait des souks et des boutiques de la vieille ville a été fort également… Les activités pédagogiques et ludiques en français de l’été se préparent activement. L’équipe d’animateurs français est d’ailleurs au complet. Vous êtes de plus en plus nombreux à visiter Taybeh pèlerins d’un moment, pour un repas, une nuit. C’est toujours une joie de vous rencontrer. La présence des bénévoles et des coopérants est précieuse. Ils nous aident dans la mission et nous permettent d’être plus présentes auprès de vous. Toutes les activités développées reposent principalement sur votre soutien qui permet de faire vivre notre mission de présence auprès des jeunes et des habitants de ce village chrétien. À chacun nous disons un grand merci pour ce qui a déjà été fait. En marchant quotidiennement sur les pas du Christ mort et ressuscité à Jérusalem (au sens propre et au sens figuré), nous Le prions pour vous, nous Lui confions toutes vos intentions connues ou pas, et nous rendrons grâce pour votre amitié fidèle. Sr Marie-Martine, Sr Claudine, Sr Martine III. "D'une Seule Voix": La Chorale de Taybeh en Tournée en France Dirigés par Soeur Victoire, 8 enfants membres de la chorale de la paroisse latine de Taybeh, participeront du 14 au 31 mai à une tournée musicale en France intitulée "D'une Seule Voix". Le 25 Novembre 2004, 120 artistes israéliens et palestiniens, juifs, musulmans et chrétiens, tous directement concernés par le conflit en Terre Sainte, donnent un concert exceptionnel à Jérusalem. En solistes ou en groupes, ils chantent la même terre, la même ville - Jérusalem - le même désir de vivre en paix. Devant le succès du concert à Jérusalem, les organisateurs ont eu a coeur de ne pas en rester là. La France étant à l’origine de cette opération de « diplomatie culturelle », l’idée d’une tournée dans le pays s’est tout naturellement imposée. C'est au mois de mai 2006 qu'elle va se réaliser. A l'occasion de la tournée, la chorale de Taybeh sera pour la première fois associée au Choeur d'Efroni, fondé en 1980 par Maya Shavit et composé de jeunes filles juives israéliennes âgées de 12 à 18 ans principalement issues de milieux ruraux et de Kibbutz. Une première répétition ensemble a eu lieu le jeudi 27 avril à Jérusalem, au cours laquelle les deux chorales ont pu faire connaissance. Etapes et calendrier de la tournée :
Tous les concerts sont gratuits, de façon à ce que chacun puisse y assister. Un certain nombre de places seront réservées pour accueillir les publics « sensibles » ou défavorisés (notamment les jeunes des banlieues). De même, en relation avec les villes, l’accueil des handicapés à ces concerts fera l’objet d’une attention particulière.
Programme des concerts:
Organisateurs:
IV. Le Carême vécu à Taybeh
Les trois paroisses latine, orthodoxe et melchite de Taybeh suivant le calendrier orthodoxe,
le carême a ainsi commencé pour l'ensemble du village une semaine après le mercredi
des cendres du calendrier latin. Un accord existe en effet pour que Noël soit fêté
tous les ans le 25 décembre selon le calendrier latin et Pâques tous les ans selon le
calendrier orthodoxe, afin que les fêtes soient toujours vécues en communion à Taybeh.
L'accueil de Jésus à Taybeh
La tradition n'a que quatre ans. Auparavant, les habitants de Taybeh avaient l'habitude de fêter le départ du Christ de Taybeh-Epharïm lors du 5e dimanche de Carême et de marcher de Taybeh à Jérusalem, pour accompagner Jésus vers sa Passion. La situation politique et la nécessité d'avoir des autorisations, jamais faciles à obtenir pour se rendre à Jérusalem, ont conduit à inverser la "tradition". Depuis 4 ans, c'est donc l'arrivée de Jésus qui est fêtée à Taybeh. Lors du premier dimanche de Carême, une personnalité est invitée à bénir l'icône représentant Jésus. L'icône passe ensuite de famille en famille, où le soir, des veillées de prières autour de l'évangile sont organisées. Le 12 mars dernier Mgr. Fouad Twal est ainsi venu bénir l'icône. (cf. Newsletter #2)
Pour le carême 2006, le P. Raed et les soeurs du Rosaire et de la Sainte Croix de Jérusalem se sont rendus chez tous les couples mariés ces trois dernières années pour un temps de prière et de discussion axé sur la famille. Ces temps ont aussi été l'occasion pour ces couples de parler de leurs premières années de mariage, de leurs difficultés et de leurs joies. Procession des Rameaux à Jérusalem Une petite centaine d'habitants de Taybeh a pu se rendre cette année à Jérusalem pour participer à la procession des Rameaux. A la sortie de la messe dominicale de Taybeh, 2 cars attendaient afin d'emmener ceux qui avaient pu obtenir une autorisation par les israéliens de se rendre à Jérusalem, vers le Mont des Oliviers, lieu du départ de la procession prévue à 14 heures.
La procession descend du Mont des Oliviers pour s'achever à l'église Saint-Anne dans la vieille ville de Jérusalem. Le Patriarche Latin de Jérusalem, S.B. Michel Sabbah récite alors une prière et dit un petit mot avant que la parade des scouts commence.
La Parade des scouts contourne la vieille ville de Jérusalem par le nord, sortant par la porte des Lions (sur la photo) pour aller jusqu'à la porte Neuve.
Messe des Rameaux à Taybeh Une semaine après Jérusalem (où l'on suit le calendrier latin), c'était au tour de Taybeh (où l'on suit le calendrier orthodoxe) de fêter les Rameaux, dans une messe qui se veut la fête des enfants.
D'ordinaire, une procession dans le village, rassemblant les trois communautés chrétiennes, fait suite à la messe. Les melchites entament la procession, passent devant l'église latine qui les rejoint, puis devant l'église orthodoxe et c'est tout le village qui marche ensemble vers l'église byzantine du Khader. Malheureusement du fait des fortes (et inattendues) tombées de pluies cette année, c'est à l'intérieur de l'église qu'aura lieu la procession, à l'issue de laquelle les enfants se rassemblent autour de l'autel. Office du Jeudi Saint Lors de la Semaine Sainte, la paroisse latine de Taybeh a accueilli le diacre italien Lorenzo Paolino, grand ami du P. Raed. C'est avec le chant des lamentations de Jérémie que les offices débutaient.
Comme de coutume, 12 garçons avaient été choisis pour le lavement des pieds. Très fiers de remplir ce rôle, chacun des douze avait revêtu sa plus belle chemise blanche.
A l'issue du lavement, les 12 garçons ont chacun reçu une petite colombe de la paix (le best-seller des ateliers de céramique de Taybeh !) en cadeau. Office du Vendredi Saint
Transfert du Saint-Sacrement vers le reposoir.
Enterrement de Jésus. A l'issue de l'office du Vendredi Saint à Taybeh, a lieu traditionnellement l'enterrement de Jésus. Un gisant est symboliquement embaumée par des jeunes filles, avec du parfum et est couvert de fleur. Une fois la procession dans l'église terminée, le gisant est déposé devant l'autel. Chacun vient alors prendre une fleur sur le gisant pour la ramener à la maison. V. L'Accueil du Feu Nouveau à Taybeh Chaque année, dans la journée du Samedi Saint
(celui des orthodoxes et de tout le village de Taybeh) a lieu la tradition de l'arrivée du Feu Nouveau dans les villages
de Cisjordanie. Partant du Saint Sépulcre le Feu Nouveau est propagé à tous les villages, ce qui donne lieu à une petite cérémonie d'accueil.
C'est en voiture et protégé par des lampes-tempête que le Feu Nouveau arrive à Taybeh vers 17 heures dans un convoi de voitures joyeux et klaxonnant! Chacune des trois églises de Taybeh, Melkite, Orthodoxe et Latine reçoit le Feu Nouveau pour toute l'année à venir.
La procession se déroule derrière une icône du Christ et le Feu Nouveau tenu par les 3 prêtres, le tout accompagné de chants. D'ordinaire animée par les scouts, la procession de cette année s'est faite en leur absence.
Arrivée à l'église orthodoxe, la procession fait trois fois le tour de l'église avant de s'immobiliser devant le parvis.
S'en suit une prière oecuménique qui rassemble les trois communautés chrétiennes de Taybeh et leurs curés, quelques heures avant la veillée de Pâques. VI. Lourdes 2006, un parfum de Taybeh Grâce notamment à l'association toulousaine "Une Fleur pour la Palestine", Taybeh sera très présent cette année à Lourdes dont le thème pour 2006, taillé sur mesure, est "Tenez vos Lampes Allumées". L'huile de bénédiction utilisée pour l'année provient de Taybeh et des lampes de la Paix (de Taybeh toujours) seront distribuées aux différentes directions de pèlerinages venant à Lourdes. Retour sur cette présence inattendue de Taybeh à Lourdes. De la manifestation contre le mur de séparation...
Dans le village de Baziège, près de Toulouse, l'association "Une Fleur pour la Palestine" a organisé le 24 décembre 2005, une protestation contre le mur de séparation qui se construit inexorablement à Aboud, en Cisjordanie. Un mur en carton édifié dans une rue de Baziège était l'occasion de faire signer une pétition contre le mur mais aussi de vendre de l'huile d'olive... de Taybeh.
...A la présence de Taybeh à Lourdes Des 600 litres d'huile d'olive au début de la manifestation, il en restera 200. C'est alors que naît l'idée de les envoyer à Lourdes toute proche afin de servir comme huile de bénédiction. Et pour faire encore mieux, "Une Fleur pour la Palestine" a permis que soit commandées 800 colombes de la Paix de Taybeh, destinées à être distribuées aux différentes directions de pèlerinages venant à Lourdes. La présence de nos lampes à Lourdes avec ses millions de pèlerins chaque année représente une occasion unique de faire connaître l'initiative des lampes de la Paix très largement. C'est pourquoi nous voulions remercier l'association "Une Fleur pour la Palestine" pour leur précieux travail. D'autant plus que le coeur de l'activité de l'association n'est pas la vente d'huile d'olive de Taybeh et de lampes de la Paix, mais le parrainage d'élèves palestiniens (à travers des bourses) dans les écoles chrétiennes de Cisjordanie et de Gaza. Pour en savoir plus sur l'association, cliquez ici. Ajoutons également, que divers diocèses ont passé commande pour des petites lampes à huile en terre cuite produites à Taybeh, afin de les distribuer à leurs pèlerins lors de leur passage à Lourdes. Nous en profitons pour remercier l'ensemble des diocèses bas-normands, le diocèse de Reims ainsi que le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg d'avoir pensé à l'atelier de céramique de Taybeh pour leur fournir ces lampes. VII. Le Cardinal Daneels à Taybeh En pèlerinage retraite en Terre Sainte Le cardinal Daneels, accompagné de 2 évêques et 25 prêtres, en pèlerinage retraite en Terre Sainte a fait une halte de 2 jours à Taybeh les 23 et 24 avril 2006. A l'image du cardinal Barbarin ou de l'évêque de Toulon, Mgr. Rey, partir en pèlerinage avec des jeunes prêtres de son diocèse est une manière de plus ne plus courante pour les évêques d'avoir un temps en commun, pour faire plus ample connaissance et prier ensemble.
Logés à Taybeh dans le centre d'accueil Charles de Foucauld, le cardinal Daneels et les évêques et prêtres qui l'accompagnaient ont participé le deuxième jour à la rencontre habituelle avec le P. Raed, suivi d'une messe, concélébrée par tous les prêtres et en présence de la communauté chrétienne de Taybeh et de sa chorale. C'est à cette occasion que la cardinal a exprimé un commentaire extrêmement intéressant sur le séjour de Jésus à Taybeh-Ephraïm.
Le commentaire du Cardinal Daneels sur la venue de Jésus à Taybeh "Jésus avait besoin de venir à Taybeh-Ephraïm. De même que sa mission l'a conduit à aller à Jérusalem, Nazareth ou Capharnaüm, son passage à Ephraïm était nécessaire, car Ephraïm n'est pas seulement un lieu géographique, c'est un morceau de chaque coeur humain, un besoin naturel pour le coeur de chaque homme. Tout homme a besoin de repos et de recueillement à l'aube des grandes décisions. Jésus, lui aussi avait besoin de ce repos et de ce recueillement pour accepter sa mort à venir. C'est à Taybeh qu'il a choisi de passer ce moment afin de surmonter sa peur, très humaine, de la mort, et l'accepter. Comme le Christ, chaque homme a besoin à un moment ou un autre de sa vie, de son propre Ephraïm." VIII. Vers le jumelage de Taybeh avec Certaldo Andrea Campinotti, maire du village italien de Certaldo situé à 30 km de Florence, est venu passé 2 jours à Taybeh, en compagnie de Lorenzo Paolino, pour étudier la possibilité d'un jumelage entre les deux villages.
Après avoir visité le village, M. Campinotti a rencontré le conseil municipal de Taybah ainsi que son maire, M. Daoud Khoury. Une liste de projets lui a été remise afin d'être étudiée par le conseil municipal de Certaldo. M. Khoury a d'ors et déjà été invité pour le festival d'été qui aura lieu en juillet prochain à Certaldo. Quant à M. Campinotti, il a promis de revenir très prochainement à Taybeh pour faire part des avancées décidées au conseil municipal de Certaldo. IX. Taybeh et Deir Jarir réconciliés!
Suite aux évènements du 3 septembre dernier (pour le rappel des faits, cliquez ici)
une trêve avait été signée entre les deux villages. Depuis le 21 avril, une
réconciliation officielle a été conclue, et nous nous en réjouissons. X. Document: Message de Pâques du Patriarche Latin de Jérusalem MESSAGE DE PÂQUES
Le Christ est Ressuscité. Oui, il est vraiment ressuscité. 1. Toute fête nous porte à réfléchir sur le sens de notre foi. Elle renouvelle notre courage afin de faire face aux défis de la vie, privée et publique, et à toutes les difficultés que nous rencontrons dans tous nos pays où se trouvent nos diocèses : Jordanie, Palestine, Israël et Chypre. La fête nous invite à renouveler notre foi en Dieu et notre confiance en nous-mêmes, afin de mieux contribuer à l’édification de notre société, dans laquelle nous sommes appelés à porter l’amour pour tous, sans distinction aucune et au-delà de toutes les barrières confessionnelles ou nationales. Le Christ Ressuscité, le triomphe sur la mort, le retour à la vie, tout cela nous dit : Premièrement, Dieu est parmi les hommes. « Il a habité parmi nous » (Jn 1,14) ; deuxièmement, «il est amour » (1 Jn 4,8), et troisièmement, il nous a rendus capables d’aimer comme lui : « Il nous a donné de son Esprit, dit Saint Jean. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli » (1Jn 4, 13.12). Par sa mort et sa Résurrection, Jésus a fait de nous une créature nouvelle et un Homme Nouveau « dans la justice, la sainteté et la vérité » (Eph 4,23-24). Il nous a rempli de son Esprit, et « le fruit de l’Esprit, nous dit Saint Paul, est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur et maîtrise de soi » (Ga 5,22-23). 2. Notre vie quotidienne semble être bien loin de cette vision du Dieu-avec-nous, de son amour pour tous et des fruits de l’Esprit en nous. Dans notre vie quotidienne, il peut nous sembler que la vie de l’Esprit, qui produit la charité, la joie et la paix, est un projet impossible, surtout dans notre Terre Sainte, livrée depuis des années et des années à la haine, au refus mutuel et à la mort. Et, l’action des chefs, et la vie des personnes et des groupes ne font que se développer selon cette logique. Il faut tuer pour vivre. Il faut tuer parce qu’on est tué. Il faut haïr parce qu’on a peur ou parce qu’on est opprimé. Voilà les critères de gouvernement et de vie dans une terre sainte, une terre de la Résurrection, une terre dans laquelle Dieu a parlé, dans laquelle les trois religions disent croire en Dieu et écouter Sa parole. 3. Malgré cette dure réalité, nous devons proclamer et dire que la terre où Dieu a parlé, où il a fait connaître son amour pour tous les hommes, peut rester terre de la Parole de Dieu, et non seulement terre de la parole des hommes qui remplace celle de Dieu par des attitudes de mort et de haine. Il faut croire dans notre capacité d’aimer, nous tous, Israéliens et Palestiniens. Nous sommes capables d’aimer et de faire justice pour nous-mêmes et pour les autres. Il faut repartir sur de nouveaux principes, sur une nouvelle vision de la vie en cette Terre Sainte. Nous sommes capables de nous libérer de la mort qui nous a été imposée jusqu’aujourd’hui. Nous, Israéliens et Palestiniens, nous sommes capables de nous libérer de la peur née dans la violence et le terrorisme, de l’occupation imposée par la loi du plus fort, et de la logique de la mort et de la haine. Vous qui tuez, cessez de tuer. Vous qui haïssez, arrêtez de haïr. Vous qui occupez la terre, rendez-la à ses propriétaires. L’amour et la confiance sont plus efficaces pour réacquérir la liberté perdue, la sécurité perdue et l’indépendance désirée. Certes, ce langage est étrange à tous ceux qui détiennent en leurs mains le pouvoir. Mais à vous aussi, gouvernements, nous disons : Vous, gouvernements, qui ne croyez pas à ce langage, vous aussi, vous êtes capables d’aimer, de vivre et de transformer en termes de vie et de paix les rapports entre les deux peuples dans cette terre sainte. 4. Frères et Sœurs, qui célébrez la Résurrection du Seigneur dans notre diocèse et dans le monde entier, nous vous souhaitons une heureuse et sainte fête de Pâques. A tous les habitants de cette Terre Sainte, chrétiens, juifs, musulmans et druzes, nous souhaitons toutes les bénédictions du Seigneur. Aux Juifs, qui célébrez votre Pâque en ces jours, nous souhaitons que la fête soit une source de bénédiction, d’amour et de justice pour vous et pour tous les habitants de la Terre Sainte. Le prophète Isaïe dit : « Voici qu’un roi règnera avec justice, et des princes gouverneront selon le droit » (Is 32,1). Nous souhaitons que cette prophétie puisse se réaliser dans notre terre. Pour le moment « les messagers de paix pleurent amèrement » (Is 33,7), comme le dit Isaïe aussi. Nous prions et nous espérons que nos chefs puissent se laisser guider par de nouvelles visions et un nouveau courage capables de changer la face de cette terre et de remplir les esprits et les cœurs de sécurité, de justice et de tranquillité. Heureuse et sainte fête de Pâques.
+ Michel Sabbah, Patriarche XI. Contacts
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