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Le site de la paroisse latine de Taybeh
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II. Patrimoine de Taybeh a) L'Église byzantine "El Khader" Nombreux sont les villages palestiniens qui abritent quelques vestiges de l'époque byzantine, glorieuse époque où les pèlerins affluaient en Terre Sainte. Le pays se couvrait de basiliques; une multitude de monastères fleurissaient et le désert était devenu "la prairie des saints". Depuis l'an 320, l'Empire Romain gravitait autour de Byzance devenue Constantinople. A Taybeh, deux églises témoignent de ce temps : l'une située à l'emplacement de l'actuelle église grecque orthodoxe (on peut y admirer un pavement de mosaïques); l'autre, l'église byzantine "El Khader" aujourd'hui en ruine, située à l'est du village, sur ce qui est très probablement le Tell de l'Ofrah biblique. La tradition y localise le séjour du Christ. Les Croisés ont nommé la Basilique "Saint-Hélis", en souvenir du passage d'Elie dans une grotte attenante à l'édifice. Les deux basiliques ont été confiées à la protection du "Khader", "le verdoyant", figure mythique d'origine cananéenne, identifiée tantôt à Saint Elie, le plus souvent à Saint Georges. El Khader tient une place de choix dans le coeur des Arabes. Personnage redouté des chrétiens comme des musulmans, Saint Georges s'est vu confier la délicate mission de protéger les victimes de la persécution et du fanatisme : tout homme qui, en danger de mort, invoque Saint Georges devant ses ravisseurs, est (habituellement) épargné.
Le rite se déroule ainsi : la personne qui formule le voeu quitte sa maison. Les membres de son clan l'accompagnent vers le Khader, amenant la bête. Celle-ci est généralement confiée à une femme qui tient le rôle de "prêtresse". Elle fait tourner la bête sur elle-même tout en marmonnant des prières. Puis elle livre la bête à son boucher. Celui-ci tranche la tête de l'animal en prononçant le nom de Dieu, Allah. La personne qui formule le voeu trempe alors sa main dans le sang et l'applique sur le mur de l'église, afin d'y laisser l'empreinte de sa main. Avec un branchage, il dessine ensuite sur le linteau de la porte une croix. Le pouvoir du mal, symbolisé par les cinq doigts de la main, est repoussé par le bien, représenté par la croix. Le rite terminé, on découpe l'animal. Les morceaux sont distribués aux participants et aux familles nécessiteuses du village. La femme prêtresse doit s'assurer que ni les prêtres du village, ni la famille qui offre le sacrifice, ne touchent à la viande, sous peine d'invalidité. D'autre part la viande doit être consommée le jour même. b) La Maison des Paraboles I. Histoire Située en face de l'église paroissiale latine, cette vielle maison bâtie sur le roc conserve de précieux souvenirs des coutumes traditionnelles et bibliques, pratiquées encore aujourd'hui. Elle fut acquise par le Patriarcat latin de Jérusalem en 1974 après de longs pourparlers qui dénotent encore d'un droit local inaltéré remontant à l'époque d'Abraham (Gen. 23). En effet, en Orient, la maison paternelle est un bien cher à tout le clan, et devient donc une propriété inaliénable. Vendre sa maison serait dilapider son bien familial, vendre son nom et même rejeter et maudire ses ancêtres, car, avec elle, s'en iraient toute l'histoire et toute la mémoire vivante du clan. Et l'on préfère encore la laisser désaffectée, voire même tomber en ruine que de s'en défaire. La maison est bien l'unique garante de l'existence d'une famille. Aménagée, restaurée au cours des siècles d'après quelques pierres intégrées au bâtiment provenant de l'église byzantine du Khader (IV Siècle) et du chateau croisé de Boniface de Montferrat (1185), cette maison conserve toujours sa structure traditionnelle d'une habitation semblable à celles de l'époque du Christ. C'est ainsi que cette humble demeure nous offre l'occasion de suivre un cours d'exégèse pratique fort intéressant. II. L'entrée Commençons donc par l'entrée; c'est sur le seuil de la porte que se faisaient les salutations d'usage. Ces échanges encore pratiqués de nos jours en Orient, consistaient à souhaiter la paix à toute la maisonnée. Aisni, le Christ envoyant ses disciples en mission leur recommande de bénir et d'apporter la paix aux hôtes. Luc 10,3-7 "En quelque maison que vous entriez dites d'abord Paix à cette maison". C'est aussi par une porte semblable que les mages guidés par un astre vinrent adorer l'enfant Dieu (Mat. 2,3). C'est donc bien cette étoile qui portant toute la tradition de la venue du Messie s'arrêta et en signe d'offrande se laissa immortaliser sur le linteau.
Creusée dans le seuil, au dessous de la porte, on aperçoit une ouverture. Elle servait à soulever un loquet intérieur avec une clef de bois (Juges 3,25). Le jour, ce trou était aussi le seul moyen pour les femmes de communiquer avec l'extérieur, car elles s'enfermaient chez elles pendant que leurs maris étaient au travail. La nuit il permettait d'identifier le visiteur nocturne avant de se hasarder à ouvrir la porte barricadée par des poutres et des barres de fer. Certains services pouvaient être donnés par ce passage, sans ouvrir la porte; ainsi le voisin pouvait recevoir par ce trou quelques denrées sans éveiller la maisonnée et sans ouvrir la porte (Luc 11,5) "Mon bien-aimé a passé la main par le trou de la porte, III. L'intérieur En pénétrant à l'intérieur de l'habitation nous remarquons le rocher sur lequel est bâtie la maison. La priorité pour la construction est d'avoir des bases solides.
Le Christ, voulant construire et bâtir son Église sur le roc, a changé le nom de "Simon" en celui de "Céphas" ce qui veut dire "Pierre". "Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église et les portes de l'Hadès L'intérieur conserve une structure traditionnelle qui se divise en trois zones. Malheureusement ce genre d'habitation commence à disparaître aujourd'hui, pour laisser place à une structure plus adaptée aux besoins de l'époque. 2- une zone de grenier et de silos (fourrages et réserves pour les bêtes et la famille) 3- une zone d'habitation à l'étage: pièce unique réservée à la vie familiale. La partie inférieure de la maison aménagée en étable était réservée aux animaux. Une cloison séparait le gros du bétail (ânes et vaches) du petit (moutons et chèvres). L'âne, animal irremplaçable pour les travaux des champs, avait une place bien particulière. Il devenait la nuit le gardien de la maison en signalant avec fracas tout bruit suspect aux alentours de la demeure. Au dessus de l'étable était construits des ilos en torchis destinés à approvisionner les hommes et les bêtes; à côtés, le fourrage et la réserve de bois y étaient entreposés. "Il y avait un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté. Et il se demandait en lui-même: "Que vais-je faire? Car je n'ai pas où recueillir ma récolte". Puis il se dit: "Voici ce que je vais faire: j'abattrai mes greniers, j'en construirai de plus grand, j'y recueillerai tout mon blé et mes biens, et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois, fais la fête". Mais Dieu lui dit: "Insencé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. Et ce que tu auras ramassé, qui l'aura?". Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s'enrichir en vue de Dieu." (Luc 12,16-22) La vie familiale se déroulait à l'étage, séparé des greniers par cette simple rangée de silos. Cette pièce sombre et assez modeste était utilisée seulement l'hiver quand les journées fraiches invitaient toute la maisonnée à se resserrer autour d'une flambée. La nuit venue, après la veillée où chacun faisait revivre les légendes, la famille étendait des nattes à même le sol et dormait ainsi. "Il leur dit encore: "Si l'un de vous, ayant un ami s'en va le trouver au mileu de la nuit, pour lui dire: "Mon ami, prête-moi trois pains, parce qu'un de mes amis m'est arrivé de voyage et je n'ai rien à lui servir", et que de l'intérieur l'autre réponde: "Ne me cause pas de tracas; maintenant, la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit; je ne puis me lever pour t'en donner"; je vous le dis, même s'il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d'ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin". (Luc 11,5-8).
C'est ainsi que Jésus recherché par les grands-prêtres et les pharisiens, vient se réfugier avec ses apôtres à l'abri des menaces qui, en Orient, ne pèsent pas seulement sur le chef de bande mais aussi sur ses membres.
"Dès ce jour-là ils résolurent de le tuer. IV. Le cénacle En Terre Sainte, dans un village, chaque famille se rattache à un ancêtre commun et forme ainsi un clan. Il peut y avoir, comme ici à Taybeh, trois grands clans sur une population de 1300 habitants. L'hospitalité orientale est une entité majeure de cette société et c'est un honneur pour le clan de recevoir un hôte à l'occasion d'un mariage, de funérailles, ou simplement une visite. "Le Seigneur apparut à Abraham au chêne de Mambré, tandis qu'il était assis à l'entrée de la tente, au plus chaud du jour. Ayant levé les yeux, voilà qu'il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui; dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la tente à leur rencontre et se prosterna par terre. Il dit:"Monseigneur, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter. Qu'on apporte un peu d'eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l'arbre. Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le coeur avant d'aller plus loin; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur!". Ils répondirent: "Fais donc comme tu as dit..." (Gen 18, 1-5). C'est avec ce même point d'honneur que le Christ fut accueilli à Taybeh (Jean 11,54) avec tous ses apôtres. Le clan tout entier accueille et reçoit les hôtes de passage, il met à la disposition des invités une pièce munie de tout le nécessaire pendant le séjour. Cette pièce réservée à l'étranger ou à la famille de passage dans le village, est appelée "cénacle". Chaque famille du clan devra, à tour de rôle, s'occuper matériellement des invités en leur apportant la nourriture, le couchage, etc. C'est ainsi que le Christ, avant sa passion, va célébrer la Pâque juive avec ses apôtres dans la chambre haute d'un de ses amis à Jérusalem. "Le premier jour des Azymes, où l'on immolait la Pâques, ses disciples lui disent: "Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâques?" Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant: "Allez à la ville: vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire: "Le maître te fait dire : Où est ma salle où je pourrai manger la Pâques avec mes disciples?" Et il vous montrera, à l'étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête; faites-y pour nous les préparatifs". Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâques." (Marc 14, 12-16) |
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